Le stress oxydatif, issu du déséquilibre entre radicaux libres et défenses antioxydantes, est un phénomène clé dans la physiopathologie de nombreux troubles, y compris psychiatriques. Le glutathion (GSH), considéré comme l’antioxydant principal du cerveau, est essentiel à l’équilibre redox du système nerveux. Sa réduction expose davantage le cerveau aux lésions oxydatives, pouvant contribuer au développement et à la progression de la dépression majeure, la schizophrénie, le trouble bipolaire ou l’anxiété généralisée.
Cette revue synthétise les études liant les déséquilibres de la voie du glutathion à des troubles psychologiques et psychiatriques. Des diminutions du GSH ont été constatées dans plusieurs de ces maladies, mais tous les travaux n’identifient pas d’altérations enzymatiques systématiques. L’administration de N-acétylcystéine (NAC), précurseur du glutathion, s’est révélée prometteuse comme adjuvant, notamment dans la dépression, le trouble bipolaire et la schizophrénie, en augmentant la capacité antioxydante et parfois en réduisant les symptômes.
Pourtant, les résultats cliniques restent variables et parfois contradictoires. Bien que certains antidépresseurs ou anxiolytiques améliorent les marqueurs redox, ces effets varient selon la molécule et le contexte. Le potentiel thérapeutique de la supplémentation en glutathion et NAC comme approche complémentaire demeure émergent, nécessitant des recherches supplémentaires sur la biodisponibilité, les mécanismes impliqués et l’identification des patients les plus susceptibles d’en bénéficier.
En somme, la voie du glutathion apparaît comme une cible prometteuse pour la prévention et le traitement complémentaire des troubles psychiatriques, mettant en avant la nécessité d’intégrer le bilan antioxydant dans la prise en charge globale de la santé mentale.